Stages Méthodes Posture et gestuelle

Mon stage rique-t-il d'être annulé ?

Tous les stages actuellement programmés sont confirmés. C'est un engagement ferme de ma part et les personnes déjà inscrites peuvent réserver leurs dates de congés, leur hébergement et leurs billets de train en toute quiétude. Quant à celles et ceux qui hésitent encore à s'inscrire maintenant, attention, il n'y a que 6 places par stages et un stage peut vite être complet. Alors n'attendez pas, réservez dès maintenant votre place !

Lors de mes stages d'initiation au dessin, j'accorde beaucoup d'importance à la posture et la gestuelle.

Je n'ai pas toujours procédé ainsi, mais j'ai pu constater que cette manière de faire, qui consiste à donner un peu plus de place à l'étude de la posture et de la gestuelle du dessin, était décisive pour certaines personnes. Elle me permet donc d'être plus efficace encore, sur une durée très courte (5 jours ou même 3 jours) et avec de "parfaits débutants" ( qui se disent "nul en dessin", qui ne savent donc pas du tout dessiner, hormis la production de dessins de type enfantin).

Betty Edwards, dans son livre "Dessiner grâce au cerveau droit", se polarise sur les aptitudes visuo-perceptives. Ces dernières sont certainement une des clés de l'apprentissage du dessin. Mais pas la seule et unique clé. Dans les premières éditions de son livre, on trouvait une page sur le sujet : "L'identification visuelle de la feuille à dessin" et des exercices très simples pour "se délier la main". Avec en illustration, un dessin de Delacroix. Ce petit chapitre a disparu des nouvelles éditions et c'est dommage. Plus on a de clés, plus on ouvre de portes ; et plus on améliore le taux de réussite.

Je pense qu'il s'agit d'un des aspects de l'apprentissage du dessin qui peut compléter avec bonheur la méthode de Betty Edwards et en décupler les bénéfices, dans le dessin, mais aussi pour d'autres activités, créatrices ou non, grâce à une nouvelle conscience et une nouvelle maîtrise de son corps.

Il s'agit pour moi, actuellement, d'une piste de recherche pédagogique très excitante et qui ouvre des horizons nouveaux : aussi bien de nouveaux publics que des résultats plus rapides et surtout l'intégration et la fixation des nouvelles aptitudes propres au processus du dessin et permettant aux stagaires d'aller voler de leurs propres ailes en toute confiance après seulement quelques jours de stage.

Le scripteur et le dessinateur 

Lors de mes stages d'initiation au dessin, je consacre ainsi pas mal de temps à étudier la posture et la gestuelle du dessinateur, en la comparant en particulier à celle du "scripteur", la personne qui écrit.

Au cours de ces stages, les stagiaires travaillent assis à une table. Ils sont placés dans une situation qui est habituelle pour eux, ce qui favorise à mon avis la confiance en soi face à une situation nouvelle et déstabilisatrice, celle d'un apprentissage considéré a priori comme difficile et généralement réservé aux personnes "douées". L'aptitude à dessiner "à main levée", et debout, viendra progressivement, plus tard.

Si l'écriture est source de tensions pour diverses raisons (parcours scolaire, accident, bref, l'histoire personnelle), il sera bon de recréer un autre univers de travail : assis, mais en dessinant sur un plan incliné, tel qu'une planche à dessin posée sur la table ou même sur les genoux, ou encore debout en dessinant sur un mur ou un chevalet.

Mais la plupart du temps, la comparaison entre le connu (écrire assis à une table) et l'inconnu (dessiner assis à une table), va permettre une série de découvertes étonnantes, la plus étonnante d'entre elles étant que l'on a très peu conscience de son corps lorsque l'on tient un crayon dans sa main et que l'on s'active à tracer des traits sur une feuille !

L'apprentissage du dessin tire un bénéfice considérable du temps consacré à prendre conscience de sa posture et de ses gestes. Et toutes pratiques pouvant amplifier cette perception sera des plus utiles : relaxation, activités sportives, méditation, pratique d'un instrument de musique, calligraphie…

Lors des premiers pas, le stagiaire est amené à ne plus mettre en œuvre la posture et la gestuelle du scripteur pour lui substituer celle du dessinateur : il s'agit d'une véritable rééducation, à travers laquelle on prend conscience de la difficulté à s'émanciper de certaines habitudes pour leur en substituer de nouvelles, plus appropriées. L'écriture mobilise essentiellement l'avant-bras, le poignet et les doigts. Cette gestuelle est déjà bien intégrée vers l'âge de 10 ans. En revanche, le dessin mobilise beaucoup plus le bras, jusqu'à l'épaule ; et peut se passer de tout mouvement des doigts ou même du poignet. Mais la prégnance du système de l'écriture est un obstacle notable à ce nouvel apprentissage, celui du dessin.

Deux systèmes qui s'inhibent mutuellement 

Il est acquis aujourd'hui qu'apprendre à écrire ne consiste pas à apprendre à dessiner des lettres. Si le jeune enfant est influencé par le dessin dans son apprentissage de l'écriture, cet apprentissage va progressivement inhiber celui du dessin. Ce n'est que lorsque les automatismes de l'écriture sont bien ancrés, vers 12-13 ans, que l'apprentissage du dessin pourra se faire efficacement, d'autant plus que les difficultés motrices seront moindres à cet âge. Mais il va néanmoins falloir réapprendre une nouvelle gestuelle, très différente de celle de l'écriture. Possible que cet apprentissage puisse de nouveau servir l'écriture, par exemple dans la découverte d'une nouvelle tenue du crayon et par la compréhension de l'impact de la posture sur le geste et sur les tensions ressenties dans le corps (cou, bras, épaules, dos…). Par ailleurs, du côté de la perception visuelle, c'est tout un système qu'il faut en quelque sorte apprendre à inhiber, celui du langage, au profit d'une nouvelle manière de voir, ou plutôt d'une manière de voir jusque-là inconsciente, puisqu'elle est mise en œuvre dans le quotidien : évaluer des distances, reconnaître des visages… C'est ce que Betty Edwards nomme le "mode gauche" et le "mode droit", devenus par abus de langage le "cerveau gauche" et le "cerveau droit". Le "cerveau qui parle" et le "cerveau qui dessine".

Des exemples 

Un exemple ? Des équipe scientifiques se sont intéressées à notre perception de l'orientation. Nous savons par exemple aujourd'hui de manière certaine qu'une personne qui incline la tête percevra incliné un trait vertical. Un dessinateur souhaitant reproduire de manière fiable des verticales qui se présentent devant lui aura donc tout intérêt à privilégier une posture qui maintient sa tête le plus proche possible de la verticale, afin de ne pas fausser sa perception. De fait, il serait erroné de penser que l'apprentissage du dessin repose essentiellement sur la vision. C'est une composante importante, mais pas exclusive. Le geste et la posture sont tout aussi importants et le temps qui leur est consacré accélère de beaucoup l'apprentissage du dessin. L'exploration par le toucher peut aussi être mise à profit pour apprendre à lire et à écrire.

Un autre exemple ? Le simple fait de "casser" le poignet (du côté opposé à la paume de la main) induit de légères tensions des muscles et des tendons de l'avant bras. On peut facilement sentir cette tension en appuyant avec l'index de l'autre main sur les muscles en question. Ces tensions, sur la durée, entraînent des tremblements, des sursauts, une fatigue prématurée, le besoin de s'arrêter pour détendre son bras. Le dessinateur débutant doit lever si possible ce handicap inconscient afin de progresser plus vite et surtout de rendre le temps du dessin agréable et sa répétition souhaitable ; même s'il peut apprendre avec ce handicap, s'en défaire est préférable.

Lors des stages d'initiation au dessin :

- dessin "de perception pure" : on dessine de manière lente et détaillée un objet visuellement riche mais sans regarder sa feuille. Seules la perception visuelle intense et sa transcription sur la feuille par le biais de la main et du crayon sont importantes ; la fidélité au modèle est sans objet et on ne la recherche absolument pas.

- dessin "en aveugle" : on dessine des séries de lignes parallèles ou des spirales en fermant les yeux et en s'intéressant exclusivement à la perception des mouvements du bras et du coude. Une exploration gestuelle de l'espace de la feuille est entreprise avant de se mettre à dessiner.

- dessin de lignes : on dessine tranquillement des lignes qui s'épousent les unes les autres, se rencontrent et s'éloignent, en s'intéressant tout d'abord à la position du corps par rapport à la table et aux mouvements des doigts, du poignet, du bras et du coude. On recherche tout ce qui peut induire des tensions, des freins, des tremblements, des sursauts, de la fatigue et par contraste tout ce qui peut faciliter le processus du dessin, depuis les pieds jusqu'à la tête !

Ces exercices, parfois qualifiés de "petis machins" par les gens trop pressés de devenir des "doués" du dessin (ce en quoi ils n'ont pas compris les fondamentaux de mon approche), aident le dessinateur à utiliser une perception haptique (toucher et mouvements de la main), kinesthésique (la perception musculaire et des mouvements), proprioceptive (la position du bras par rapport au corps par exemple) et statesthésique (la posture) qui viendront par la suite épauler sa perception visuelle, plutôt que de la contrarier.

Je suis convaincu que l'apprentissage du dessin doit être multisensoriel : visuel, gestuel, postural, auditif… Le bruit de l'outil sur le papier devient lui-même un moyen de contrôle du geste !

Dans un premier temps, j'invite toujours mes élèves à dessiner en s'intéressant à la conscience du corps. On s'intéresse seulement ensuite aux aptitudes visuo-perceptives de base qui constitueront le coeur du fameux "coup d'œil" ou "coup de patte" du dessinateur expérimenté.

La créativité viendra enfin soutenir la motivation et permettra aussi d'aider à surmonter les obstacles.

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Formations Artistiques - Méthodes

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