La question ne m'a jamais été posée directement, mais je la sens en filigrane dans bon nombre de questions et surtout dans les hésitations des personnes qui demandent des renseignements mais qui, finalement, tout bien réfléchi, ne s'inscrivent pas.
Le fait est que vous êtes nombreux à avoir ce désir d'apprendre à dessiner. Et tout aussi nombreux à craindre l'échec. Qui serait dans bien des cas la répétition d'un échec déjà vécu, et assez souvent mal vécu.
Vous êtes aussi nombreux, je suppose, à douter du sérieux de la méthode ici mise en avant.
Peut-être me faut-il mettre un peu plus les points sur les i ?
Les Yeux Fertiles Atelier d'Art, ce ne sont pas de coquettes sommes d'investissement à rentabiliser, ce n'est pas une grosse machine commerciale au marketing bien huilée ne reculant pas devant quelques manipulations, quelques appâts alléchants, quelques oublis opportuns, pour ne pas dire quelques mensonges. Les Yeux Fertiles, c'est tout simplement un infographiste et artiste, Vincent Rousseau, formateur depuis de nombreuses années, travailleur indépendant, qui enseigne le dessin avant tout par plaisir et par passion, et qui aime à gagner une partie de son pain quotidien en partageant un peu de ce bonheur qui réside dans le processus créatif et dans le dessin d'art en particulier.
Ceci étant dit, annoncer que tout le monde peut parvenir à apprendre à dessiner s'il le souhaite, qui plus est en l'espace de quelques jours seulement, peut, je le conçois volontiers, sembler abusif. Mais il n'en est rien. Et il est aisé d'en apporter la preuve.
J'ai déjà écrit plusieurs articles sur ce site pour expliquer de quoi il en retourne :
L'erreur courante, fondamentale, consiste à croire (et j'insiste sur le terme : "croire" pour en souligner le côté irrationnel) que la réussite dans l'apprentissage du dessin repose sur un "don", sur le "talent", ce petit truc qui nous ai donné à la naissance (ou dans la vie prénatale voire antérieure).
L'erreur, encore plus courante, qui en découle irrémédiablement, est d'être persuadé que l'apprentissage du dessin va consister à révéler un "talent caché", un "don naturel", à réveiller l'artiste qui est tapi au fond de nous et qui attend son heure… et qu'un "maître" bienveillant va éveiller. Les croyances nous amènent plus fréquemment à des certitudes indéboulonnables qu'au doute salvateur qui nous poussera à tenter l'expérience.
Il est assez plaisant, au demeurant, d'imaginer que l'on est peut-être plus que ce que l'on est ; il est plaisant de se projeter dans un avenir plus doré, fraîchement paré des beaux atours de l'artiste, tout énivré de nos super pouvoirs que la génétique, les dieux, la providence… ont bien voulu verser en notre coupe ! Après Batman, Drawman !
Mais il est encore plus facile de penser que la loterie divine ou génétique est passée à côté de nous, et que quand on est "nul en dessin", eh bien, on est "nul", irrémédiablement. À ce stade, nous pouvons avoir une certitude : il n'y aura d'échec que si l'on ne tente pas l'aventure. Et si on ne la tente pas, les fautifs seront vite trouvés : tel ou tel Dieu ou nos malheureux parents et ancêtres mal pourvus par la génétique. Ou ce "faux maître" ingrat et prétentieux qui n'a pas su déceler et extraire de sa gangue notre diamant créatif.
Vous pouvez mettre tout cela de côté… et passer aux choses sérieuses.
Me voilà, paradoxalement, en train de paraphraser quelque mystique…
Je ne vous demande pas obligatoirement d'abandonner vos croyances. Elles sont sérieuses et je les respecte. Je ne bataillerai pas pour vous prouver par a + b que la génétique et le "don du dessin" ne font pas bon ménage (c'est vrai, vous aurez cependant droit à mon petit laïus sur le sujet). Vous trouverez sur ce site, des articles, des liens, des références de livres, susceptibles de vous éclairer sur le sujet. Mon objectif est d'abord de vous permettre d'accéder à votre rêve : apprendre le dessin.
Pour cela, je vous invite à faire le voyage, à tenter l'expérience, et à jouer le jeu : vivre l'expérience directe, de manière pleine et entière. Vous frotter pour de bon aux exercices proposés. Suivre le courant. Je vous demande juste de me faire confiance durant l'espace de quelques jours, de tenter pleinement l'expérience, puis, rentrés chez vous, de pratiquer régulièrement pour ancrer et développer vos nouvelles compétences.
Ce faisant, je ne vous demande pas de vous engager à l'aveuglette, de vous lancer dans le vide sans filet. Je n'ai pas de baguette magique, pas de breuvage miracle, pas de pouvoirs surnaturels. Je dispose en revanche d'une excellente méthode pédagogique, de compétences techniques certaines et d'un engagement total. Et il me vient à l'esprit qu'il est bon, aussi, de signaler ici que le prix de mes stages est des plus raisonnable.
La méthode est librement inspirée du travail remarquable d'une enseignante et chercheuse, Betty Ewards, dont le livre, "Drawing on the Right Side of the Brain" (Dessiner grâce au cerveau droit), publié pour la première fois en 1979 et régulièrement réédité, a été un succès international (probablement le manuel de dessin le plus traduit !). "Chercheuse" est un terme approprié, puisque Betty Edwards a complété sa formation artistique par un doctorat de l'Université de Californie (UCLA), son projet portant alors sur les "habiletés perceptives dans le dessin". À l'origine, son travail repose sur les travaux de Roger William Sperry, spécialiste du cerveau, qui a d'ailleurs revu avec elle le texte de son best seller. Betty Edwards est on ne peut plus lucide au sujet de la théorie qui sous-tend son enseignement : les résultats obtenus ne suffisent pas à en prouver la véracité et la science moderne n'a pas encore tous les éléments pour en juger ; tout juste suffisamment pour en douter. Ce qui est plus sain et rassurant au bout du compte, car il n'y a, à l'horizon, aucun gourou du "dessin cerveau droit" ! En tout cas pas ici où les yeux se veulent fertiles ! Les résultats de cette méthode, cependant, parlent d'eux-mêmes et vous pouvez les voir en parcourant les galeries des dessins de mes anciens stagiaires, un petit échantillon, certes, mais assez étonnants quand on sait que le stage d'initiation au dessin que je propose s'adresse à de complets débutants. Certains sont venus à mon atelier en se sachant pertinemment au stade du dessin d'enfant. Et son repartis avec un portait ressemblant. D'une certaine manière, je me dois de les remercier pour leur courage.
Les compétences, vous pouvez en juger par vous-mêmes : parcourez simplement ma galerie d'artiste, et plus particulièrement celle de mes dessins à l'encre de Chine, réalisés avec une technique que j'ai travaillée et perfectionnée pendant au moins dix ans.
Mon engagement est un savant mélange de patience (si j'ai une seule qualité, sans modestie, c'est bien celle-là), de volonté (partager, guider vers le succès), d'énergie, de confiance ("chacun peut y parvenir" et cette confiance m'aide à porter les plus hésitants pour ne laisser personne au bord du chemin), de plaisir (chaque année me trouve impatient de vivre à nouveau ces moments émouvants et inoubliables).
J'ai longuement disserté et il est temps de répondre sans détour à la question : "y-a-t-il des échecs ?"
Non, si vous jouez le jeu, si vous vous impliquez vraiment, si vous faites les exercices avec sérieux, si vous écoutez avec attention. Il s'agit d'apprendre. Pas uniquement de se divertir ou de passer le temps. Apprendre demande du temps, de l'énergie, de la patience, de la concentration, de la volonté, de la confiance en soi… Le stage d'initiation au dessin est un stage créatif intensif, 5 jours durant, 7 heures par jour, parfois plus lorsque les stagiaires y mettent tout leur cœur. Je l'ai conçu et perfectionné au fil des années pour le rendre "digeste", ludique et efficace tout à la fois. Apprentissage et plaisir ne sont pas frères ennemis.
Oui, si vous venez en dilettante, si vous espérez que votre "don" ou votre "talent" soit révélé et qu'à partir de là tout devienne simple et facile, sans effort à fournir. Alors, vous êtes dans un conte de fées. Et alors, oui, l'échec est possible, probable.
Oui, si vous êtes tellement convaincu de l'existence des dons et du talent, que des théories et des exercices de dessin contredisant vos croyances seront impossibles à intégrer et à expérimenter (j'ai déjà croisé deux personnes qui ont refusé l'aventure simplement parce que leurs croyances étaient en contradiction avec l'expérience que je leur proposait).
Oui, si je ne parviens pas à vous aider à surmonter votre doute, concernant votre capacité à apprendre cet art du dessin. Je ne fais que de mon mieux. Quand l'estime de soi fait défaut, quand la confiance en soi est évanescente , il est plus difficile de surmonter les obstacles, et mon stage d'intiation au dessin n'est pas "taillé" pour vous. Le défi va au-delà du "simple" apprentissage du dessin. Il s'agit d'une remise en question personnelle plus vaste ; donc d'un autre cadre.
Oui, si vous êtes épuisé, malade, préoccupé par de graves problèmes personnels. Vous avez décidé de prendre des vacances et de vous lancer dans le dessin. Mais le fait est, ce n'est un secret pour personne, que l'apprentissage en général requiert de bonnes conditions mentales. J'ai réduit mes groupes à six stagiaires pour pouvoir m'occuper de chacun et guider individuellement tous mes stagiaires ; mais certains "paramètres" échappent à mon contrôle et je dois bien m'y résigner. Ce mauvais souvenir sera mon petit caillou dans la chaussure et m'aidera à faire mieux, je l'espère, tout en sachant bien que tout ne repose pas sur moi.
Les seules personnes que j'ai vu en échec au cours de mes stages d'initiation au dessin "cerveau droit", étaient des personnes qui ont abandonné avant terme et ont rejeté l'idée de vivre cette expérience d'apprentissage du dessin fondée sur une méthode non traditionnelle : impatientes, fatiguées, espérant quelque chose de plus facile, recherchant la détente et le loisir plus que l'étude et le travail, refusant la théorie sous-jacente (aucun "don" requis…), se décrétant "nulles en dessin" et refusant certains exercices, jugés hors de leur portée, et ce, quel que soit leur âge.
Fort heureusement, depuis plus de dix ans que j'enseigne le dessin, je les compte sur les doigts d'une seule main. Pour l'immense majorité de mes stagiaires, il s'agit donc plutôt d'une révélation : ils ne savaient pas du tout ou très peu dessiner, et après six jours de stage, ils savent dessiner ! Ils savent aussi qu'ils ne sont qu'au début du chemin et que seule la pratique régulière, le perefectionnement des techniques qu'ils auront choisies et l'épanouissement de leur créativité pourront les conduire à l'Art avec un grand A.
Pour clore ce sujet, il nous faut évoquer un dernier ingrédient, important : le droit à l'erreur. Si j'ai appris le dessin, c'est que ce dernier m'a attiré (pour des raisons qui certainement m'échapperont toujours) et que je l'ai décidé. Au passage, j'ai abandonné l'étude du piano, et négligé certaines matières scolaires. Mais, cherchant un art à pratiquer, il m'est permis de tatônner, de butiner, de me tromper de voie, avant de trouver la technique artistique qui me convienne vraiment et de m'engager à fond. Ainsi, il n'est pas impossible de s'inscrire à un stage de dessin et de se rendre compte, en cours de route, que non, le dessin n'est décidément pas fait pour nous. Bien sûr, il est possible d'aller jusqu'au bout du stage, et d'acquérir ainsi des compétences en dessin, qui pourront toujours servir. Mais sans réelle motivation, sans la joie intérieure, cela risque d'être un peu plus laborieux. J'ai rencontré une ou deux fois cette situation, qui conduit souvent à l'abandon. Ce n'est pas un échec en tant que tel, c'est une sorte de déviation. À elle seule, elle est déjà créative et pour ainsi dire, artistique !