L'un des deux livres que je recommande vivement pour apprendre à dessiner, comprendre le processus d'apprentissage et le processus créatif et accompagner ses premiers pas d'artiste ! Ce livre a été pour moi une petite révélation et un jalon important dans le parcours qui allait m'amener à enseigner le dessin. Mes élèves peuvent le consulter à mon atelier lors d'une des nombreuses sessions du stage d'initiation au dessin.
Vous pouvez vous procurer ce livre depuis mon site grâce à un partenariat avec la Librairie Eyrolles. Pour cela, cliquez sur l'un des deux liens ci-dessous.
328 pages | Intérieur Noir et Blanc sauf pages 257 à 268 en couleur | Prix public* 37,00 EUR | Prix Eyrolles* 35,15 EUR (-5%)
* Consultez la fiche libraire pour le prix exact et les caractéristiques détaillées
J'ai découvert ce livre avec l'une des premières éditions en langue française, vers la fin des années 80. Et ce fût une révélation : j'ai compris comment j'avais pu apprendre à dessiner… sans jamais prendre un seul cours. Et ce fût aussi un déclic : le désir d'enseigner le dessin. Alors jeune diplômé en biologie et dessinateur passionné, ce livre m'a captivé de bout en bout et a été fondateur de mon futur parcours de formateur dans les arts et industries graphiques.
C'est presque magique, mais ça ne l'est pas : car Betty Edwards vous explique pourquoi vous étiez "nul" en dessin, et vous apprend ce qu'il faut pour ne plus l'être : comprendre ce qui se passe dans votre tête !
Sa méthode s'appuie sur une théorie du fonctionnement des deux hémisphères du cerveau, qui n'a certes pas encore été validée par l'expérimentation scientifique, mais qui est loin d'être fantaisiste (Betty Edwards est Docteur de l'Université de Californie à Los Angeles et fût professeur d'art de la California State University) et pour laquelle des spécialistes du cerveau s'accordent à en reconnaître l'efficacité.
Personnellement, j'ai beaucoup emprunté à Betty Edwards pour mon propre enseignement, et avec succès, bien que mes lectures sur le cerveau m'aient fait prendre un peu de recul par rapport à une interprétation trop schématique du fonctionnement de notre esprit et de la création artistique. Betty Edwards elle-même a pris les distances nécessaires : elle parle bien de "mode gauche" et de "mode droit", sans affirmer mordicus que tout ce joue dans l'hémisphère droit du cerveau. De fait, elle n'a rien à voir avec les gourous du cerveau droit et de leurs amalgames trop rapides.
Au fil du temps, grâce à ma pratique personnelle et à mes propres observations, j'ai apporté mon eau au moulin, insistant sur la démarche créative personnelle, moteur essentiel, et aussi sur la posture et la gestuelle, c'est-à-dire l'implication du corps dans le processus créatif par laquelle vient parfois le "déclic".
Quoiqu'il en soit, je suis heureux de disposer d'arguments efficaces pour prouver que le dessin n'est pas réservé à une élite, celles des personnes "naturellement douées". Depuis plusieurs années, je règle leur compte aux préjugés, qui font du "don" et du "talent" un préalable à l'apprentissage artistique. Ces concepts sont une machine à exclure, un elixir de frustration !
Les résultats obtenus par mes élèves débutants, en grande partie grâce aux exercices de Betty Edwards, me confirment chaque année que l'apprentissage du dessin commence d'abord par l'apprentissage de l'observation et par la mise en veille d'une partie de notre esprit trop présente au quotidien, avec le langage, la logique, l'identification des choses, la recherche de l'efficacité, le culte de la vitesse, l'obsession du résultat et de la perfection immédiate.
Betty nous rappelle que tout peu s'apprendre, et qu'il faut se laisser le temps de l'apprentissage. Ce que nous avons fait pour l'écriture et le calcul, nous pouvons le faire pour le dessin. Et si le cœur nous en dit, aller plus loin encore…
Je constate pour ma part que celles et ceux qui échouent, sont très souvent celles et ceux qui n'ont pas voulu persévérer, ni même parfois commencer, en s'accrochant presque de manière infantile à la théorie du "don". Cette théorie a l'avantage de vous éviter de prendre le risque d'un échec : pas de don, pas besoin de se lancer dans une entreprise un peu périlleuse d'apprentissage ! Et si vous avez le don, alors pas besoin d'apprendre. C'est magique. Et terrible et injuste, car ce principe de pensée exclut d'emblée de très nombreuses personnes de toute pratique artistique.
De fait, pour moi, aujourd'hui, cette affirmation est une certitude. Après, apprendre seul, avec un livre, ce n'est pas toujours aisé. Il est vrai qu'apprendre en groupe, entouré de personnes très motivées, accompagné par un formateur patient et convaincu de votre réussite, ça aide ! Que vous fassiez le chemin en solitaire ou que vous décidiez de prendre des cours dessin, sachez que vous n'avez pas besoin de connaître la théorie de Betty Edwards pour profiter de mon stage d'initiation au dessin ou apprendre par vous même. Pendant mon stage, je privilégie la pratique et mes stagiaires viennent pour les résultats. D'année en année, je suis de plus en plus "léger" dans mes apports théoriques ; et je conseille ma sélection de livres aux personnes désireuses d'en savoir un peu plus sur le sujet ! Toutefois, la lecture de ce livre, si précieux à mes yeux, nous apprend tellement de choses ! Pendant plusieurs années je l'ai lu et relu, je m'en suis imprégné ; je me replonge dedans régulièrement et avec plaisir, d'autant plus que Betty Edwards a eu la bonne idée de publier une édition augmentée et mise à jour. Vraiment, je vous le recommande.
Complétez la lecture du livre de Betty par celle de livres et de revues sur la génétique, comme les ouvrages du généticien Albert Jacquard, ou sur le fonctionnement du cerveau. C'est un monde passionnant dont on est loin d'avoir fait le tour... Découvrez aussi le livre de Bert Dodson, "Les clés du dessin", qui est pour moi le complément évident au livre de Betty Edwards, excellente synthèse entre l'enseignement traditionnel et la méthode "dessiner avec le cerveau droit".